JACQUEY (Armand, Victor) - Linxe, 15 novembre 1834 - Mont-de-Marsan, 1er décembre 1921.
Général de brigade et député des Landes

Entré à Saint-Cyr en 1852 ; la carrière militaire du général Jacquey se trouve à peu près égale en deçà et au-delà de la guerre de 1870 et de la réorganisation de l'armée qui s'ensuivit. Par la jeunesse, il est de l'ancienne armée et par son âge mûr de celle de la Grande Guerre. Il représente à la fois la tradition qu'il puisera au sein de cette armée d'Afrique forgée par la monarchie de Juillet et l'Empire, où il s'imprègnera de la foi indestructible qu'il avait en la grandeur de la France, et l'initiateur participant ultérieurement à cette impulsion vers l'action qui caractérisera l'armée de la 3ème République. Capitaine en 1866, il fit, comme officier au 38ème de Ligne, toute la guerre de 1870-1871. A l'armée de la Loire, il participe à la bataille de Coulmiers, reprenant le lendemain à l'ennemi, avec deux compagnies, la ville d'Orléans. Il resta par la suite en Afrique du Nord et, commandant en 1875, prit la tête d'un bataillon du 2ème régiment de tirailleurs pourchassant Ben Amara et ses bandes. Rentré en France en 1883, il sera tout d'abord muté, comme lieutenant-colonel au 18ème R.I., puis au 34ème R.I. en garnison à Mont-de-Marsan. Promu général en 1892, il obtint le commandement de la 71ème brigade d'infanterie et des subdivisions de Bayonne et de Mont-de-Marsan, commandement qu'il gardera jusqu'à sa retraite. Commandeur de la Légion d'honneur, le général Jacquey, dont la devise était "Ce que je suis, catholique et soldat ", se tourna alors vers la politique et, candidat des nationalistes et conservateurs de la 1ère circonscription de Mont-de-Marsan aux élections législatives de 1898, fut élu contre le républicain sortant, Etienne Déjean, alors que la France était en pleine affaire Dreyfus. Réélu en 1902, devant l'avocat général Le Gall, puis en 1906, il fut battu en 1910 par Maurice Damour, candidat de l'Union démocratique. Durant tous ses mandats parlementaires, le général Jacquey fut inscrit au Parlement au groupe nationaliste. Après 1910, le général Jacquey vint se fixer à Mont-de-Marsan, où l'attachaient de vieilles amitiés et où il était unanimement respecté même par ses plus ardents adversaires. Oubliant ses luttes politiques, il aimait raconter ses aventures de garnison, les batailles de la guerre de 1870 et ses combats d'Afriques. Véritablement traumatisé par la perte de nos provinces de l'Est, il eut la joie de voir la Revanche et ce fut par des larmes qu'il accueillit, le 11 novembre 1918 sur le perron de l'hôtel de ville de sa ville adoptive, la victoire des armées de la France et de ses alliés redonnant à son pays les provinces perdues. Le général Jacquey fut inhumé au cimetière de la ville où un médaillon, œuvre d'Eloi Ducom, pérennise sa mémoire et sa devise.

S.H.A.T. - A.D.L., 3M 171-175. G.L., t 2, p. 1-3. Portrait. - Le Républicain landais, décembre 1921. - D.B.F., t. 18, col. 334-335.



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