DUPRAT (Pierre, Pascal) - né à Hagetmau, le 24 mars 1815 - mort le 17 août 1885, en mer à bord du " Niger ".
Homme politique  

Fils d'un brigadier de gendarmerie, élève à Aire dans un collège communal dirigé par des prêtres, il partit pour Paris, entra à l'université et fut envoyé comme professeur d'histoire à Alger. Revenu à Paris, il collabora aux journaux d'opposition La Réforme et La Revue Indépendante dont il prit la direction en 1847. En février 1848, il collabora avec Lamennais à la fondation du Peuple constituant. Elu représentant des Landes (4è sur 7) à l'Assemblée constituante en avril 1848, il fut membre de la commission de la Constitution ; après avoir soutenu le général Cavaignac en juin 1848, il fut réélu à l'Assemblée législative le 13 mai 1849 et combattit vivement la politique du prince-président. Lors du coup d'Etat du 2 décembre, il fut arrêté et détenu au mont Valérien puis à Sainte-Pélagie, pour avoir rédigé à la mairie du 10ème arrondissement une protestation. Banni de France, il se retira à Bruxelles où il publia deux volumes sur les évènements de décembre et où il fonda une revue philosophique et littéraire, La libre recherche. Il passa ensuite en Suisse où il devint professeur à l'Académie de Lausanne et fonda en 1858 le journal L'Economiste. Il habita aussi Naples et Turin et écrivit quelques brochures en italien. De retour en France, il fut porté comme candidat de l'opposition aux élections de 1869 dans la 2ème circonscription des Landes où il fut battu par Darracq, le candidat officiel (4 213 voix contre 4 134). Le gouvernement du 4 septembre 1870 le nomma ministre plénipotentiaire à Athènes, mais il refusa ce poste pour se porter à nouveau candidat dans les Landes où il fut élu au scrutin complémentaire du 2 juillet 1871 par 33 309 voix sur 55 536 votants. Il prit place à l'extrême gauche et vota toutes les mesures propres à consolider la République. Il prit la parole dans de nombreuses occasions et provoqua le 20 décembre 1871 une séance très orageuse en prenant à partie les princes d'Orléans siégeant à l'Assemblée. Non réélu dans les Landes le 20 février 1876, il se présenta le 30 avril 1876 avec succès dans le 17ème arrondissement de Paris. Après l'acte du 16 mai 1877, il fut un des 262 qui refusèrent un vote de confiance au cabinet de Broglie-Fourtou ; réélu le 14 octobre 1877, il fut battu aux élections du 21 août 1881. Nommé alors ministre plénipotentiaire au Chili, il y resta jusqu'en 1885 et mourut en rentrant . Pascal Duprat était connu pour ses qualités d'orateur et par ses articles et ses livres. Fondateur en 1870 du quotidien Le Peuple souverain, il préconisa la clémence vis-à-vis des prisonniers de la Commune (juin 1871). En février 1872, il fonda Le Nouveau Journal, petite feuille quotidienne à cinq centimes. Il a fait avec succès des conférences littéraires, des matinées dramatiques et des conférences politiques dans les grandes villes de France. Cet historien qui avait suivi dans sa jeunesse des cours à l'université d'Heidelberg est l'auteur de nombreux ouvrages historiques ou littéraires : Essai historique sur les races anciennes et modernes de l'Afrique septentrionale (1845), De l'Etat, son rôle, sa place (1852), Les Tables de proscription de Louis Bonaparte et ses complices (Liège, 1853), Timon et sa logique (1845), Les Encyclopédistes, leurs travaux, leurs doctrines et leur influence (1865), La Conjuration contre les petits états en Europe (1867), Les Révolutions (1870), Frédéric Bastiat (1878), L'Esprit des révolutions (1879).

T. Nigoul, Pascal Duprat, sa vie, son œuvre, Paris, 1887. - Vapereau, Dict. des Contemporains. - G.L., t. 1, p. 165-173, portrait ; t. 5, p.331 ; t. 7, p.253. - D.B.F., t. 12, col. 510-511. - Drouin, Landes et Chalosses, t. 2.



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